Scientifique et homme politique, Jacques Soustelle a mené deux carrières parallèles.
Sa vocation première, il la trouva au Mexique, au contact des Indiens qu'il partit étudier sur les terres froides du plateau central et dans la forêt humide du Yucatan. Après de brillantes études secondaires à Lyon, il intègre à dix-sept ans l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. À vingt ans, il est reçu premier à l'agrégation de philosophie. Mais c'est la recherche et l'ethnologie qui l'attirent et il obtient d'être envoyé en mission au Mexique. Les deux années qu'il va y passer, de 1932 à 1934, orientent de manière irréversible le jeune chercheur. Il se consacre à l'ethnologie de terrain, apprend les langues vernaculaires, se prend d'affection pour les cultures indigènes. À son retour à Paris, il rédige une thèse monumentale sur les Otomis du Mexique central, un essai sur les Lacandons du Chiapas et un attachant récit anthropologico-philosophique, Mexique, terre indienne. Son destin paraît tracé : au côté de Paul Rivet, il est l'un des fondateurs du nouveau musée de l'Homme, dont il devient sous-directeur ; en 1939, il enseigne au Collège de France où il prononce une série de conférences sur La Pensée cosmologique des anciens Mexicains. Le livre, publié l'année suivante, deviendra un classique.
Mais la guerre interrompt brusquement la trajectoire scientifique de Soustelle : militant de l'extrême gauche non communiste, il rallie le général de Gaulle et la France libre à Londres dès juillet 1940. Il reçoit la charge de coordonner les services de renseignements, ce dont il s'acquittera jusqu'à la fin des hostilités. Ministre de l'lnformation en 1945 puis ministre des Colonies, Jacques Soustelle exerce ensuite les fonctions de secrétaire général du R.P.F. que vient de créer le général de Gaulle. En 1951, élu député du Rhône, il préside le groupe parlementaire R.P.F. au Palais-Bourbon. Mais le sabordage du groupe gaulliste deux ans plus tard rend sa liberté au chercheur ; Soustelle met alors en cha […]
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