Fils d'un charpentier de Bayonne, Jacques Laffitte entre, en 1788, comme comptable à la banque Perrégaux de Paris ; il se fait rapidement remarquer pour ses capacités et son travail et devient l'associé de son patron en 1800, puis son successeur en 1804. Régent en 1809, puis gouverneur de la Banque de France en 1814, il est élu député de la Seine en 1816 ; il soutient le Parti libéral tout en participant à la plupart des grandes opérations financières du temps et rivalise de faste avec Rothschild. C'est ainsi que Laffitte, en 1818, prête cinq millions à Paris pour enrayer une crise financière, et qu'il appuie, en 1824, le ministre Villèle dans la conversion des rentes de 5 p. 100 en 3 p. 100. Il joue un rôle décisif dans la crise de juillet 1830, et pousse sur le trône Louis-Philippe d'Orléans, président de la Chambre des députés. Il devient président du Conseil en novembre 1830 ; avec lui, c'est le parti du Mouvement qui arrive au pouvoir. Exécuteur testamentaire de Napoléon, ayant marié sa fille au fils aîné de Ney, Laffitte est de ceux pour lesquels les Trois Glorieuses sont dirigées tout autant contre les traités de 1815 que contre la branche aînée des Bourbons ; ses initiatives à l'occasion des affaires belges mènent le nouveau régime au bord de la rupture avec l'Angleterre. Sur le plan intérieur, la faiblesse et la vanité de Laffitte favorisent le désordre et l'anarchie. Aussi doit-il abandonner le pouvoir en mars 1831, ayant bien malgré lui frayé la voie à la politique réactionnaire de Casimir Périer. Il se retrouve déconsidéré et ruiné. Il laissera des Mémoires.
Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
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