Né à Limoges en 1925, Jacques Lacarrière passe son enfance à Orléans « dans un tilleul au milieu d'un jardin », écrit des poèmes et étudie le grec au lycée. Il parcourt à pied la Sologne, pays du Grand Meaulnes. Alain-Fournier sera le seul auteur français auquel il consacrera un essai (1991). Son existence est très vite marquée par deux passions : l'errance, qui vise à « s'enraciner dans l'éphémère », et l'écriture qui transmet cet éphémère à travers le temps.
Jacques Lacarrière découvre la Grèce en 1947 avec le Groupe du théâtre antique et arrive en octobre 1950 au mont Athos. Il y fait l'épreuve de la solitude monastique et de la spiritualité orthodoxe. Pendant ses séjours, il tient un journal illustré de dessins, de poèmes et de photographies. Mont Athos, montagne sainte (1954), offre une large place à l'image. Il publie en 1957 une traduction d'Hérodote, qu'il compare souvent à Henri Michaux, établissant ainsi un pont entre l'Antiquité et le monde contemporain. En 1960, il consacre un essai à Sophocle. Ce texte érudit manifeste le souci d'une formulation simple, capable de communiquer les mystères de l'univers, et pose des questions exigeante […]
