Né à Piatra, en Roumanie, Jacques Hérold a très tôt refusé l'enseignement académique de la peinture. Après avoir réalisé quelques affiches pour payer son voyage sur un bateau du Danube, il est arrivé à Paris en 1930, où il a travaillé comme assistant de Brancusi et rencontré certains peintres surréalistes, tel Yves Tanguy. Mais il n'a commencé à participer au mouvement surréaliste qu'en 1934, année où il a appris à ne pas « voir la peinture d'abord », mais « ce qu'elle contient » : « le point de soudure de la vie intérieure et du monde » (J. Hérold, Maltraité de peinture, éd. Fata Morgana, 1985). C'est de lui-même, de lui seul que Hérold procède, même si ses premières peintures ont, avec celles de Victor Brauner — comme lui d'origine roumaine et surréaliste d'instinct —, un air de fraternité. Acceptant de vivre, par amour extrême de la liberté, dans des conditions très précaires, il ne s'attachera réellement au surréalisme, en tant que groupe d'amis, qu'au moment où l'invasion allemande de 1940 les rejette à Marseille. Hérold participe alors à l'invention d'un nouveau « jeu de cartes » : Le Jeu de Marseille, qui a attendu 1983 pour être édité. Les mages y rempl […]
