1. Fonctions analytiques
Les premiers travaux d'Hadamard, à la faculté des sciences de Bordeaux, décrivent et classent les singularités du prolongement analytique de la somme d'une série entière :
à partir des propriétés de la suite (
an) des coefficients de Taylor. Introduisant la notion de limite supérieure d'une suite qui se révèle essentielle dans toutes ces questions, il donne, dans un premier mémoire de 1888, l'expression :
du rayon de convergence R dans le cas général. En fait, cette expression figurait déjà dans le
Cours d'analyse (chap.
vi) de Cauchy en 1821, mais celui-ci ne disposait pas du formalisme nécessaire pour une définition explicite de la limite supérieure. Dans sa thèse de 1892, il obtient un critère pour qu'un point du cercle de convergence soit singulier et en tire aussitôt le théorème qui affirme que la série « lacunaire » :
où la suite des entiers λ
n est telle que λ
n+1/λ
n ≥ λ > 1, admet son cercle de convergence comme
coupure, c'est-à-dire que tous les points de ce cercle sont singuliers. Introduisant les déterminants symétriques :
appelés traditionnellement déterminants d'Hadamard, il tire de l'étude des quantités :
l'expression du
rayon de méromorphie de la série, c'est-à-dire le rayon du plus grand disque de centre O dans lequel il existe un prolongement méromorphe. Plus généralement, Hadamard définit, en liaison avec la croissance de la fonction, […]
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