Templier, élu grand-maître en 1298, alors que l'ordre venait de s'établir à Chypre, d'où étaient lancées quelques opérations contre l'Islam. Venu en Occident, où les maisons de l'ordre étaient nombreuses, Jacques de Molay composa en particulier deux mémoires destinés au pape, l'un pour donner son point de vue sur le projet pontifical de croisade, l'autre pour envisager — et surtout réfuter — la possibilité d'une fusion des ordres militaires, souhaitée depuis un quart de siècle par les papes et les conciles. La réfutation de Molay, surtout animée par le désir de conserver au Temple ses avantages et au grand-maître ses prérogatives, fit mauvaise impression. En apprenant les dénonciations dont était victime l'ordre, il demanda lui-même une enquête.
Arrêté avec les autres Templiers de France le 13 octobre 1307, Molay avoua — sans avoir, semble-t-il, été torturé — les erreurs de l'ordre en matière de foi et de morale ; il écrivit à tous ses frères pour les inciter à révéler ce qu'ils savaient. Il renouvela en août 1308, devant la commission cardinalice désignée par le pape, les aveux qu'il avait faits devant les enquêteurs royaux et l'Inquisition. Le pape s'étant réservé le jug […]
