5. La conscience du théâtre nouveau
De 1913 à 1924, malgré la coupure de la Grande Guerre, qui brisa quelque peu son élan, mais fut pour lui un temps de méditation, Copeau a fait du Vieux-Colombier un haut lieu du théâtre. Louis Jouvet, Charles Dullin, compagnons du premier jour, pourront prendre leurs distances avec le « patron », ils ne trahiront pas ses hautes leçons. Après eux et à leur école, un Barrault ou un Vilar, quelles que soient leurs orientations propres, pratiqueront leur art dans l'esprit de cette réforme. L'influence de Copeau, mort à Beaune en 1949, s'est exercée sur le théâtre tant professionnel qu'amateur. À la Compagnie des Quinze, fondée en 1929 par Michel Saint-Denis, son neveu, et les élèves de l'école du Vieux-Colombier qui l'avaient suivi en 1924 à Pernand-Vergelesse, en Bourgogne (les « Copiaux »), répond la création la même année par Léon Chancerel des Comédiens routiers. Jean Dasté et Maurice Jacquemont, associés à André Barsacq, uniront ces deux expériences dans le théâtre des Quatre-Saisons (1937). À l'étranger même, aux États-Unis comme en Europe, dans la mesure où il est apparu comme la conscience du théâtre nouveau à la recherche d'un style et d'un public, Jacques Copeau, homme de réflexion et de synthèse, a exercé une autorité morale certaine et, dans l'ordre esthétique, une influence particulièrement sensible sur la littérature et la pédagogie dramatique.
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