3. La formation de l'acteur
Albert Thibaudet a pu écrire : « S'il serait injuste de dire que le Vieux-Colombier n'eut pas d'auteur, c'est un fait qu'il n'en chercha pas : les projets de Copeau ne comportaient encore qu'une cure physique, un nettoyage de l'instrument, une formation de l'acteur et du public. » Formation de l'acteur : c'est la part la moins contestable de son héritage. Restaurer l'esprit de compagnie, donner au comédien une dignité professionnelle et sociale, le soumettre à des disciplines où les techniques s'allient à une véritable culture générale, tels ont été les objectifs de l'école du Vieux-Colombier. Copeau a opéré une synthèse des propositions et des expériences de Stanislavski, de Craig et d'Appia, en respectant toutefois la liberté de l'acteur, « à la fois sujet et objet, cause et fin, matière et instrument », de son art. Sensible aux paradoxes de ce métier, aux préjugés moraux et sociaux, d'origine religieuse, dont il ne cesse pas d'être victime, et à la nécessité de faire progresser tout le théâtre, écriture, mise en scène, interprétation sur un même front, Copeau a légué dans cet ordre d'idées un enseignement qui est loin d'avoir épuisé ses vertus.
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