2. Réconcilier théâtre et littérature
Copeau essaiera de ramener à l'art dramatique ceux qui s'en détournaient, à l'exemple de Mallarmé qui préférait le « gala intime » de la lecture personnelle ou la liturgie de la lecture proférée. Le directeur de la jeune N.R.F. crut qu'il était urgent de réconcilier théâtre et littérature, dans le temps où Paul Claudel, solitaire, donnait lui-même le plus haut exemple de cette réconciliation. Par poète dramatique, Copeau n'entend pas seulement l'écrivain de théâtre. « Ce qu'on peut souhaiter, écrivait-il en 1936 dans l'Encyclopédie française, c'est un poète qui supplante et élimine le metteur en scène, qui reprenne en main tout le métier. » Il rejoint par là les vues de Craig et celles de Brecht. Lui-même a sans doute rêvé d'être ce poète complet. On a souvent remarqué la contradiction entre la prise d'appui sur l'élite telle qu'elle était pratiquée au Vieux-Colombier, théâtre de la rive gauche, et à la N.R.F. (André Gide, Jean Schlumberger, Roger Martin du Gard, etc.), et la volonté de Copeau de refaire un public. Il a d'ailleurs eu pleine conscience de cette contradiction, dont il faut chercher l'explication dans l'époque elle-même.
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