3. Deuxième voyage : jusqu'à Hochelaga (Montréal)
Pour preuves de la réalité de leurs découvertes, les explorateurs avaient accoutumé de ramener en Europe quelques indigènes dont ils s'étaient emparés dans les terres neuves. À Gaspé, en 1534, Cartier avait sacrifié à l'usage. Ses deux Indiens apprirent un peu de français et révélèrent l'existence, vers l'ouest, d'un royaume fabuleusement riche, que Cartier prit pour le Cathay. En 1535, le Malouin se rembarquait, à la recherche du Saguenay. Il avait, cette fois, trois navires et quelque cent dix hommes.
Guidé par les deux Indiens, Cartier se rendit droit à l'embouchure du Saint-Laurent. Il en remonta le cours, s'émerveillant de la beauté du pays. Il s'arrêta à Stadaconé (ancien nom de Québec), au royaume du Canada, y laissa ses navires et, en dépit des efforts des Indiens pour l'en dissuader, poursuivit, en barque et avec quelques hommes seulement, son exploration jusqu'à Hochelaga (Montréal). Bloqué dans sa marche par les rapides de Lachine, il se renseigna le mieux possible sur la géographie du pays et la situation du Saguenay. Rentré à Stadaconé, il y hiverna, mettant ses navires à l'abri dans la rivière Saint-Charles. Hiver désastreux : les indigènes se montrèrent assez hostiles, et ses hommes souffrirent du scorbut, au point que vingt-cinq en moururent. Abandonnant le plus petit de ses navires, Cartier rentra au printemps.
Pas plus qu'en 1534, Cartier n'avait atteint le but essentiel de son voyage. Il avait néanmoins découvert un fleuve immense, incomparable voie de pénétration d'un continent encore inconnu et l'avait remonté sur plusieurs centaines de kilomètres ; le premier, en outre, il rapportait des notes précises sur les Indiens et leur civilisation ; au retour, enfin il démontra l'insularité de Terre-Neuve et d'Anticosti.
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