Au début du xxe siècle, la plupart des élèves en architecture de l'École des beaux-arts de Paris ne bougeaient guère des ateliers de la rue Bonaparte. Ce ne fut pas le cas de Jacques Carlu : à peine admis, il court déjà le monde. En 1910, on le voit travailler en Roumanie sur un projet de Sénat qui remporte le premier prix. Le service militaire, puis la guerre interrompent ses études. Dès l'armistice, il les reprend dans l'atelier de Victor Laloux — l'architecte de la gare d'Orsay — et il obtient le premier grand prix de Rome en 1919.
Après son séjour réglementaire à la Villa Médicis, Carlu ne revient pas en France — ce qui est contraire aux usages —, mais s'installe aux États-Unis. De 1924 à 1934, il enseignera au célèbre Institut de technologie de Boston (M.I.T.), et il figure parmi les intermédiaires privilégiés entre l'Art déco français des années 1925 et le public nord-américain. En outre, celui-ci raffole du style de nos paquebots de luxe : pour la chaîne canadienne Eaton, Carlu remodèle le dernier étage des magasins de Montréal et de Toronto dont le restaurant et le salon de thé doivent ressembler à ceux d'un navire de la Compagnie générale trans […]
