Né en Algérie, où son père, d'origine landaise, est administrateur civil (hâken, en arabe dialectal), Jacques Berque est élevé à Frenda, petite ville de la vallée de l'oued al-Taht, au contact des Hautes Plaines. Après le lycée d'Alger, il entreprend des études hellénistes à Paris, où il se sent étranger. Il s'irrite de l'académisme universitaire d'alors et garde seulement le souvenir de Louis Gernet, qui lui révèle Durkheim. Revenu brusquement en Algérie, il parcourt avec son père les villages, s'imprègne de l'arabe dialectal et littéraire...
En 1932, il effectue son service militaire au Maroc, s'initie à la vie urbaine de Fez et aux pratiques coutumières rurales. Entré dans l'administration, il écrit ses premières études sur Les Pactes pastoraux Beni Meskine (1936) ou sur Les Collectivités rurales arabes du Gharb. Marc Bloch publie ce dernier texte dans les Annales, et le préface. La vocation scientifique de Berque s'affirme au service de l'histoire sociale.
La guerre, la mobilisation, le bureau des Affaires indigènes de Rabat en 1943. Une période d'expériences fécondes : les sociétés colonisées poursuivent, à l'abri du regard do […]
