Braque et Picasso, les fondateurs du cubisme, n'ont jamais dessiné ou peint un seul cube : bien au contraire, ils se sont attachés à briser l'illusion scénographique qui, depuis la fin du xive siècle, se déployait, en Occident, dans l'espace imaginaire de ce volume. Aussi est-ce un non-sens (on le commet fréquemment) de parler d'architecture cubiste à propos de l'œuvre de Wright, de Loos, de Berlage, de Dudok, de Rietveld, de Pieter Oud : il n'y a aucune liaison entre le « cubisme » pictural et l'architecture des années 1920-1940. Avancer, par conséquent, que l'architecture du Stijl, mouvement dont Oud est cofondateur en 1917 avec Van Doesburg et Mondrian, relève du cubisme demeure une grossière erreur historique et dialectique, tant il est vrai que l'éclatement opéré par les structures cubistes n'a rien de commun avec la démarche de Wright (premier modèle de Oud) qui tendait à gommer la notion d'enveloppe continue pour introduire des plans de pénétration susceptibles d'incorporer des portions d'espace-milieu à l'ancien espace-limite. Et c'est précisément au moment où le cube comme instrument géométrique est abandonné par la peinture qu'il est traité avec une […]
