Compositeur éminent de l'école franco-flamande, Jacques Clément écrivit dans tous les genres alors en honneur, avec une fécondité remarquable. Cependant, c'est surtout dans sa musique sacrée que se révèlent ses qualités. Il s'appela lui-même Clemens non Papa, pour éviter la confusion avec son concitoyen, prêtre et poète, Jacobus Papa, originaire d'Ypres ; ou, comme certains l'ont cru, sans doute à tort, avec le pape Clément VII (Jules de Médicis). Il a été confondu, par ailleurs, avec Clément Janequin.
En 1544, Clemens débuta comme maître de chant (succentor) à Saint-Donatien de Bruges ; il était déjà prêtre à cette date. En 1550, il exerce comme chantre et compositeur à Notre-Dame de Bois-le-Duc. Une élégie de J. Vaet (1558) permet de penser qu'il mourut de mort violente à Dixmude, où il fut aussi maître de chapelle. Ses Souterliedekens (« chansonnettes des psaumes », 1556-1557) constituent un essai exceptionnel : tous les psaumes y sont traduits en vers flamands et adaptés sur des mélodies populaires (trois voix). Parmi ses autres œuvres, citons son Requiem, son Credo, son Kyrie paschale. Il composa quatorze messes, quinze magnificats, deux cents dix motets (de trois à huit voix), quatre-vingt-cinq chansons françaises (cf. Attaingnant), huit chansons néerlandaises et quelques chansons instrumentales. Plusieurs motets ont été transcrits en tablature d'orgue. « Ses chansons abordent avec souplesse et bonheur des genres les plus divers, et il n'est pas le seul ecclésiastique de son temps qui chante l'amour en connaisseur avisé des faiblesses humaines » (R. Bernard). Dans un style vocal imitatif annonçant déjà Palestrina, bien que l'homophonie y soit rare, il utilise des thèmes concis, simples, mais de haute qualité mélodique ; il pratique habilement l'art de l'imitation, et il sait faire alterner rythme binaire et rythme ternaire chaque fois qu'un effet expressif l'exige.
Pierre-Paul LACAS
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