4. Du Moyen Âge au XXe siècle
En Occident, la période carolingienne apporte un nouvel épanouissement ; la sculpture sur ivoire est alors utilisée dans un but religieux pour orner les reliures des manuscrits. On peut citer comme exemple une série d'ivoires appelés le groupe Ada : les miniatures donnent leur style à la sculpture sur ivoire. Cette action de la miniature, montrant la voie aux chefs-d'œuvre de l'ivoirerie, sera longtemps caractéristique. On la retrouve aussi bien dans les ivoires anglais, qui apparurent en l'an mille (miniatures de Winchester), que dans les ouvrages exécutés en Espagne du Nord et qui dérivent très certainement de la miniature catalane. L'Espagne du Sud islamisée produisit de nombreux coffrets et étuis ornés de décors floraux et animaliers. Il faut mentionner, en particulier, le coffre de la cathédrale de Pampelune, daté de 1005. Les pièces siculo-arabes, pyxides et coffrets exécutés à Palerme au xiie siècle, témoignent aussi d'un contact étroit avec la civilisation islamique.
Avec le gothique apparaît un type nouveau, la sculpture d'inspiration personnelle, qui n'existait pratiquement pas dans les ivoires romans. La petite sculpture libre s'inspire de la grande sculpture des églises (Couronnement de la Vierge, Annonciation, au Louvre). À côté des nombreuses statuettes et petits autels (diptyques, triptyques), l'art profane commence lui aussi à s'affirmer nettement dans l'art de l'ivoire. Ce sont des valves (boîtes) de miroirs, des coffrets destinés à la « dame », des reliefs représentant Tristan et Iseut, les joutes de troubadours, etc. Les ivoires religieux se limitent à un petit nombre de prototypes, alors que les thèmes de l'art profane sont tirés de la littérature chevaleresque.
Si dans l'ivoirerie gothique la place de la France est prépondérante, l'influence d'artistes allemands et néerlandais l'emporte ensuite. Les modèles de la sculpture sur ivoire sont souvent des petits bronzes, puis des gravures sur cui […]
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