Né à Moscou d'une vieille famille noble, Ivan Kireïevski reçoit une forte culture littéraire et philosophique ; il allait rester très marqué par le romantisme et l'idéalisme allemands, surtout par Schelling qu'il rencontre en 1830. Tous ses efforts pour s'exprimer par la création d'une revue sont brisés par l'autocratie soupçonneuse de Nicolas Ier. Kireïevski se retire alors à la campagne. Après son mariage, en 1834, sa femme, qui a eu pour confesseur saint Séraphin de Sarov et fréquente le skite d'Optina, lui fait découvrir les Pères de l'Église. Il collabore avec les startsi d'Optina à la traduction et à la publication des œuvres des Pères. Avec lui commence à se combler l'abîme ouvert par Pierre le Grand entre la foi populaire et les convictions d'une élite occidentalisée : l'intelligence occidentale se met au service de l'expérience spirituelle et se trouve fécondée par elle. Après la mort de Nicolas Ier (1855), Kireïevski dispose enfin d'une revue pour exposer les « nouveaux principes » de sa philosophie, mais il meurt prématurément, emporté par le choléra. Il laisse d'importants Fragments, que l'on a comparés aux Pensées de […]
