3. L'échec et le repli
L'échec d'Oblomov sera celui de l'auteur. Sa génération, dont il est le témoin, n'aura pas osé suivre le modèle que l'Occident lui proposait. Stolz ne fut qu'un rêve. Dans son dernier roman, La Falaise, Gontcharov va tirer les conséquences de cet échec. Un homme nouveau a surgi : le nihiliste, dont Gontcharov brosse le premier portrait. Volkov séduit l'héroïne du roman, Véra, mais il fera son malheur. En voulant sauver le jeune homme, Véra s'est perdue ; le même sort attend la Russie, à supposer qu'elle s'abandonne à pareille étreinte. Véra retrouve auprès de Touchine les valeurs russes et le bonheur. Gontcharov a renoncé au rêve occidentalisant. Devant la menace nihiliste, il propose un repli slavophile. L'humanisme scrupuleux et souriant auquel Gontcharov a su donner une expression magistrale est devenu une valeur constitutive du monde russe.
Quand il meurt à Saint-Pétersbourg, en 1891, Oulianov, dit Lénine, a vingt ans, et, parce qu'il est né à Simbirsk comme Gontcharov, la ville se nomme Oulianovsk.
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