2. Une fulgurante carrière
Les cinq mille pages que Peretz a laissées témoignent de la portée et de la qualité de son message. Sa nature inquiète, impatiente, le portait tout à la fois vers les réalisations concrètes, immédiates et vers la perfection. Elle ne lui a pas permis d'écrire un seul roman. Le meilleur de lui-même, il l'a livré dans ses essais, contes et nouvelles.
Son immense sollicitude pour les masses juives laborieuses, pauvres et persécutées, amena Peretz à se pencher sur le sort des individus et pas seulement sur l'ensemble. Cela nous a valu des narrations réalistes et socio-culturelles puissantes qui ont nom : Dans le sous-sol (In keller-chtib), La Paix au foyer (Cholem-baïss), Tableaux d'un voyage en province (Bilder foun a provintz raïsé), La Répudiée (Di Farchtoïssènè), Bontché le silencieux (Bontché chvaïg), Les Trois Cadeaux (Di draï matoness), titres devenus célèbres auxquels le grand public tout autant que les lettrés se réfèrent constamment.
Érudit, profondément imprégné de culture juive, Peretz a tiré du fonds talmudique et post-talmudique traditionnel, la substance de ses remarquables recueils de Contes folkloriques (Folkstimlikhè geschikhtn), plus savoureux, plus ciselés les uns que les autres et dont on ne citera que : La Lanterne quadricolore (Der fir-farbiker lamtern), De la paix éternelle au pays de quelque part (Foun ébikn fridn in erguetzland), Au chevet d'un agonisant (Baïm goïssess tzou kopns), Sarah, fille de Touvim (Sorè bass Touvim).
Sous sa plume, le hassidisme, dépouillé des abstractions et des obscurités kabbalistiques, apparaît dans son humaine et lumineuse simplicité initiale. Citons de ce point de vue : Entre deux montagnes (Zvichn zvei berg), Si ce n'est plus haut encore (Oïb nicht nokh hèkhèr), Berl le tailleur (Berl der chnaïder), Métamorphose d'une mélodie (A guilgoul foun a nigoun).
Ses thèmes favoris, Peretz les a aussi portés sur la scène. Ce sont en fait des œuvres poétiques traitées en forme de drames : La Nuit sur le vieux marché (Baïnakht oïfn altn mar […]
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