2. Le cinéma italien pendant l'époque fasciste (1922-1945)
Arrivé au pouvoir en 1922, le fascisme s'est d'abord peu soucié de la question du cinéma. En matière de communication de masse, il ne se préoccupe que de la presse écrite, ne prenant pas la mesure du message que peut véhiculer le film. Seuls l'intéressent les actualités et les documentaires ; le film de fiction apparaît comme un simple divertissement qu'il convient de contrôler au regard de l'ordre public et du respect des institutions. La législation rapidement mise en place vise à l'appropriation des actualités et des documentaires et à la mise sous tutelle, par le canal de la censure, des films de fiction. Ainsi, la question du cinéma se trouve résolue. Le contrôle de l'information est assuré par l'existence d'un seul journal d'actualité produit par un organisme d'État, l'Institut Luce. Le contrôle des œuvres de fiction se fait grâce à une censure d'autant plus efficace que, durant ces années, les films à examiner sont peu nombreux. Certes, la censure s'occupe aussi des bandes importées, notamment des États-Unis, mais sa tâche est simplifiée par des distributeurs qui se soucient de n'accepter en Italie que des films de divertissement aussi dénués que possible de toute atteinte aux bonnes mœurs et aux options politiques et idéologiques de l'État.
Cet équilibre, plus satisfaisant pour le pouvoir que pour les industriels qui aimeraient que la puissance publique intervienne pour relancer la production, aurait pu durer longtemps si l'avènement du parlant n'avait quelque peu brouillé les cartes. À la fin des années 1920, un industriel turinois, Stefano Pittaluga (1887-1931), qui a racheté les vieux studios de la Cines à Rome, prend la direction d'un groupe de producteurs pour obtenir l'appui des pouvoirs publics. Des travaux sont entrepris pour moderniser les installations et en octobre 1930 sort le premier film parlant italien, La canzone dell'amore (La Dernière Berceuse) de Gennaro Righelli. La Cines de Pittaluga produit […]
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