6. Le théâtre contemporain
Au moment de la Libération, en même temps qu'il formulait une nouvelle Constitution, l'État italien avait mis en place une série de structures théâtrales dont les statuts paraissaient aptes à assurer le renouvellement artistique et culturel d'un théâtre jusque-là abandonné à lui-même. C'est ainsi que naissaient les teatri stabili (troupes permanentes) organisés et financés par l'État. Leur tâche était non seulement de produire des spectacles et de revaloriser la fonction théâtrale auprès d'un public à définir, mais aussi d'être des écoles de formation pour les nouvelles générations d'acteurs et de metteurs en scène. Parallèlement aux stabili, les compagnies privées, régies en général par un acteur ou une famille d'acteurs dont elles prennent le nom, continuent d'exister.
La crise des institutions théâtrales publiques et les conflits avec les compagnies privées ou avec d'autres instances ont dominé la scène entre 1958 et 1964. Vers cette date, la crise semble se résoudre, mais en fait elle s'est simplement résorbée dans ses propres contradictions : les quelques efforts de changement opérés ne seront qu'une façon détournée de tout laisser en place comme avant, selon un mode bien illustré par Tomasi di Lampedusa dans son Guépard.
Cette crise a pourtant ouvert de nouveaux espaces aux recherches sur le théâtre et à la manière même de « faire du théâtre ». Et c'est plutôt vers cette avant-garde et ses expériences – dont les représentants les plus marquants sont Carmelo Bene et Dario Fo – qu'il faudra regarder pour trouver les véritables événements marquants de la scène italienne.
• « Teatri stabili » et compagnies privées
La crise des stabili est due au fait qu'ils sont devenus de plus en plus des noyaux de pouvoir théâtral où l'on n'a accès que par un système classique de clientélisme et d'influences. Ils ont aussi manqué leur premier objectif, celui d'être une école pour les nouveaux acteurs. En fait, le tort majeur des stabili, et nous pensons surtout au Piccolo Teatro de Milan, a été de re […]
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