9. L'Italie, pôle de développement de l'économie occidentale
• Les origines de l'essor économique
Le déclin de la vie d'échanges, sensible dans tout l'Occident jusqu'au xe siècle, a épargné les régions italiennes qui, longtemps byzantines, ont maintenu des relations avec Constantinople et le monde musulman. Amalfitains et Vénitiens portent en Orient des bois et des esclaves ; ils y achètent soieries, épices et drogues qui sont acheminées vers Pavie et parviennent en Flandre dès la seconde moitié du xie siècle. En 1082, Venise, supplantant Amalfi, obtient l'usage presque exclusif du marché constantinopolitain. Au même moment, Gênes et Pise arment des flottes pour répondre aux pirateries des Sarrasins. Les croisades ne font qu'accroître une vie de relations économiques déjà active en Italie au xie siècle.
Les flottes italiennes transportent, protègent, ravitaillent les croisés. En échange de leur aide, Génois, Vénitiens, Pisans obtiennent dans les villes de Syrie franque des privilèges fiscaux et la concession d'un quartier, embryon d'une colonie permanente. Les marchands italiens fréquentent aussi les ports de Berbérie, Alexandrie, accroissent leur influence à Constantinople où Pisans et Génois sont à leur tour admis. Malgré d'inévitables rivalités entre les cités maritimes, des colonies italiennes se créent sur tout le pourtour du bassin méditerranéen ; en raison de leur avance technique, du rôle qu'ils ont joué dans les croisades, les marchands italiens s'assurent le monopole du commerce en Méditerranée.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 42 pages…



