6. Papes et empereurs
• La restauration impériale
Les querelles dynastiques attirent en Italie le seul souverain puissant de l'Occident, Otton Ier, roi de Germanie, qui épouse Adelaïde, veuve du roi Lothaire. Couronné roi à Pavie en 951, Otton doit intervenir dans les États pontificaux ; en 962, il est couronné empereur à Rome ; le nouvel Empire réunit donc les couronnes de Germanie et d'Italie. Otton distribue les grands commandements à ses fidèles ; de plus, se méfiant de l'hérédité, il confie des pouvoirs comtaux à des évêques, les plaçant dans la vassalité royale ; d'où, au xie siècle, la querelle des Investitures. À Rome, qu'il gouverne directement, il dépose le pape Jean XII ; jusqu'au milieu du xie siècle, la nomination du pape par l'empereur et la collaboration des deux pouvoirs assurent la dignité des successeurs de saint Pierre. Enfin, il inaugure les vaines descentes des empereurs dans le Midi. Son petit-fils Otton III (983-1002) porte à son apogée l'idée impériale ; fils de la Byzantine Théophano, influencé par la nouvelle spiritualité monastique et érémitique, et par le droit romain, il veut faire régner la paix dans un empire vraiment romain, protège l'Église contre la petite féodalité, collabore avec le savant pape Silvestre II (Gerbert). Mais à sa mort, les vassaux de l'Église se rallient au marquis d'Ivrée, que l'empereur Henri II vainc difficilement. Et Conrad II (1024-1039), en reconnaissant l'hérédité de tous les fiefs, se concilie l'aristocratie au détriment de l'Église : à Milan, la lutte de ces deux forces préfigure les mouvements communaux. Mais cette fermentation de la société urbaine est alimentée par les idées de réforme de l'Église, préparées par les mouvements monastiques et introduites par les papes impériaux ; à Milan, la Pataria, mouvement populaire rigoriste, exige un clergé débarrassé de la simonie et du nicolaïsme.
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