2. L'Italie archaïque
À partir du viiie siècle, la péninsule, jusqu'alors assez isolée, s'ouvre à des influences nouvelles, venues de la mer et d'Orient. Auparavant, certes, les régions méridionales, mais plutôt la Sicile et les îles Éoliennes, avaient connu les Achéens de Pylos, tandis que les Phéniciens laissaient la trace de leur passage sur les côtes de l'Étrurie et du Latium, peut-être à Rome même (liens entre l'Hercule romain du Forum boarium et le Melqart tyrien ?).
• Les Étrusques
L'influence des Étrusques est autrement considérable, mais le problème de leurs origines reste discuté : aux solutions extrêmes, origine lydienne ou pélasgique de tout un peuple, ou à l'opposé autochtonisme absolu, on peut préférer des solutions moyennes, pouvant expliquer à la fois la présence évidente d'éléments orientaux dans cette civilisation, et la rapidité, presque la soudaineté, de son développement. Deux facteurs paraissent essentiels : l'arrivée par mer d'un contingent, certainement peu nombreux, d'Orientaux qui ont profondément modifié, en progressant vers l'intérieur, la civilisation villanovienne ; la mise en exploitation des riches gisements de fer de l'île d'Elbe. Du Pô à la Campagnie et à Rome même, les Étrusques ont apporté la vie urbaine, l'architecture civile et religieuse, l'alphabet, la terre cuite architectonique, et ont largement diffusé l'hellénisme qui les avait conquis. Grâce aux entreprises des condottieri de Tarquinia, Vulci, Chiusi, à l'activité de leurs marins et de leurs métallurgistes, ils dominèrent économiquement et politiquement (au vie s. av. J.-C. surtout) la majeure partie de l'Italie : Spina et Felsina (Bologne), Rome et Préneste, Capoue et Salerne furent, plus ou moins longtemps, des villes étrusques. Leur influence culturelle persista bien après la fin de leur grandeur politique, brisée par les défaites navales que leur infligèrent les Phocéens et les Syracusains (Alalia, vers 540 av. J.-C. ; Cumes en 474 av. J.-C.).
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