3. L'intervention de l'État et la nécessité d'une planification
Des interventions de l'État furent conçues afin de résoudre les problèmes économiques et sociaux de l'agriculture et le sous-développement du Sud.
La première loi de réforme agraire, la loi Sila pour la Sicile, région où éclatèrent les manifestations les plus sérieuses, fut mise en application en avril 1950 ; elle fut suivie d'une autre réforme, celle de la « loi de réduction » (legge stralcio), qui tendait à développer la petite propriété agricole par le morcellement des grands domaines. Mais l'opération fut conduite de manière hésitante et incomplète ; et l'on ne fit aucun effort pour discerner les exigences qui se manifestaient dans ce secteur, en liaison avec le développement du monde industriel.
Certaines structures commerciales, l'absence de politiques efficaces visant à accélérer le progrès technologique en matière de cultures et d'élevage, l'orientation des politiques d'aménagement du territoire qui encouragèrent l'urbanisme et le renforcement des cultures industrielles, tous ces facteurs contribuèrent à maintenir dans l'agriculture, et surtout dans certaines régions, des niveaux de productivité insuffisants et des rigidités qui eurent des effets négatifs sur la balance des paiements.
Bon nombre d'initiatives furent prises pour accélérer le développement économique du Sud. En 1950, la Cassa per il Mezzogiorno fut créée afin de réaliser et de coordonner des travaux d'intérêt public dans les régions méridionales.
Toute une série de lois fut approuvée pour encourager de nouvelles initiatives industrielles dans le Sud et pour stimuler la croissance économique par la réalisation de projets spéciaux, visant également à créer certaines conditions d'infrastructure pour le développement économique. Toutefois, la politique d'industrialisation du Sud ne parvint jamais à des résultats satisfaisants et durables.
Plusieurs obstacles s'y opposèrent : les moyens appropriés faisaient défaut en matière d'urbanisme ; ains […]
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