2. La croissance « spontanée » et ses conséquences
Le processus de transformation et de développement qui a caractérisé l'économie italienne jusqu'aux années 1980 peut être subdivisé en cinq phases : la reconstruction, qui se termine au début des années 1950 ; le renforcement du système industriel et de son intégration dans l'économie mondiale, qui couvre les cinq années suivantes ; l'explosion de la société de consommation, qui s'enraye en 1963-1964 ; le développement précaire, dans plusieurs directions, à laquelle l'« automne chaud » de 1970 vient mettre un terme ; la crise structurelle, qui s'accentue après la crise pétrolière.
• Une croissance relativement stable
Reconstruction
C'est durant la première phase que se créent les conditions préalables pour les deux phases ultérieures. La politique Einaudi-De Gasperi parvient à freiner l'inflation, et donc à préserver le pouvoir d'achat des classes moyennes (agriculteurs, employés, travailleurs indépendants) dont l'importance socio-économique se renforce au cours des phases suivantes : de fait, ces classes contribueront fortement au miracle économique, non pas, comme le préconisait Einaudi, en augmentant l'épargne, et donc les investissements, mais en rendant possible le succès rapide du nouveau modèle de développement dérivant de l'implantation en Italie du capitalisme de consommation.
Durant cette phase de reconstruction, la politique monétaire déflationniste ne parvient pas à endiguer la dépense publique. Mais celle-ci permet une reconstruction rapide tendant à encourager un développement reposant sur les exportations, puis amplifié par l'explosion de la consommation. Les perspectives de développement des exportations qui existaient alors (conséquences des destructions qui avaient affecté l'industrie d'autres pays), favorisant quelques-uns des secteurs de l'industrie italienne (le textile en particulier), facilitèrent le processus de reconstruction, évitant qu'il n'aggrave le déficit avec l'étranger, déjà très préoccupant pour des motifs structurels.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 17 pages…



