À l'époque où elle devint un État unifié, l'Italie était encore un pays principalement agricole. Le développement industriel du Nord était en grande partie le fait d'entreprises privées ; dans le Sud, de nombreuses manufactures avaient été créées par la monarchie à des fins militaires, mais leur productivité restait faible. La politique suivie jusqu'alors dans certains États, en particulier dans le Piémont et dans le grand-duché de Toscane, était essentiellement une politique libérale qui avait stimulé les investissements dans l'agriculture. Les transformations dans ce secteur, en raison du maintien de structures particulières, n'entraînèrent pas d'exodes massifs comme on en avait enregistré en Angleterre, par exemple ; d'autre part, elles permirent, avec l'augmentation des revenus, un sensible accroissement des rentrées fiscales, qui profitèrent au renouvellement de l'économie, par la construction de canaux puis de voies ferrées. Cette politique favorisa également les investissements extérieurs qui contribuèrent largement au développement ferroviaire et furent stimulés par des perspectives optimistes auxquelles l'avenir apporta un démenti. En effet, les importants déficits budgétaires de la période 1861-1865 entraînèrent une dépréciation de la lire : il s'ensuivit une rentrée massive de titres souscrits par les épargnants étrangers et la nécessité d'établir le cours forcé.
La libération des changes à l'intérieur du pays avait provoqué une crise de la plupart des entreprises du Sud, en offrant aux plus puissantes industries du Nord de nouvelles chances de développement ; c'est à cette époque que se dessine le grave « problème du Sud » avec lequel la politique économique se trouvera fréquemment aux prises sans jamais réussir à le résoudre ; en fait, le déséquilibre socio-économique entre le Nord et le Midi ne fera que s'aggraver avec le temps.
Les différentes politiques économiques pratiquées jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale n'ont réussi ni à engendrer un net déve […]
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