L'année 2010 est marquée en Israël par deux phénomènes connexes : l'absence de progrès dans les négociations de paix intermittentes avec les Palestiniens et la dégradation accrue de l'image de l'État hébreu sur la scène internationale.
Les efforts constants de Washington pour trouver une solution négociée au conflit israélo-palestinien provoquent au cours de l'année de graves tensions entre Israël et les États-Unis. Après avoir obtenu, au début du mois de mars, un accord initial sur l'ouverture de négociations indirectes, le vice-président américain Joseph Biden se rend dans la région pour annoncer cette avancée – tout dialogue était interrompu depuis décembre 2008. Alors qu'il se trouve sur place, les autorités israéliennes approuvent la construction de mille six cents logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est, ce qui déclenche une crise majeure. Les Palestiniens reviennent alors sur leur décision de négocier, et Washington reproche à Israël ce qu'il considère comme un affront délibéré visant à faire échouer les efforts de paix.
Cédant aux pressions américaines, Israéliens et Palestiniens entreprennent, en mai, de timides négociations indirectes sous l'égide de l'émissaire des États-Unis au Proche-Orient George Mitchell. Les navettes que ce dernier effectue entre Jérusalem et Ramallah demeurent cependant vaines. Peu convaincue des chances de réussite de ce processus, l'Autorité palestinienne adopte parallèlement une stratégie unilatérale. Tandis que le Premier ministre Salam Fayyad parle d'« un État fonctionnant correctement sur presque tous les plans » pour le milieu de l'année 2011, les Palestiniens préviennent qu'en cas de blocage des négociations ils pourraient porter l'affaire devant les Nations unies et qu'ils chercheraient à obtenir de la communauté internationale la reconnaissance d'un État palestinien délimité par les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, quelle que soit la position israélienne.
Après vingt mois d'interruption, Israël e […]
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