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ISOMÉRIE, chimie

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Kekulé

De même que l'anagramme d'un mot comporte les mêmes lettres que celui-ci, arrangées différemment, de même les molécules peuvent inclure les mêmes atomes, mais disposés autrement. Un exemple de tels « isomères », terme qui signifie « formés de parts égales », est la paire constituée de l'acide cyanhydrique HCN et de l'acide isocyanique HNC. Et de même qu'une loupe et une poule n'ont pas grand-chose en commun, en dehors des lettres de leur nom, de même des molécules isomères diffèrent à tous égards, hormis le fait qu'elles sont composées des mêmes atomes.

1.  Émergence de la notion d'isomérie

La prise de conscience par les chimistes de l'existence de ce phénomène d'isomérie, ainsi baptisé par le Suédois Jöns Jakob Berzelius, date du premier tiers du xixe siècle. Durant la seconde moitié du même siècle, et dans une large mesure grâce aux travaux de Louis Pasteur sur les acides tartriques du vin, il s'avéra qu'il existait une classe particulière d'isomères, les énantiomères. Une paire d'énantiomères est telle que chacun est l'image de l'autre dans un miroir.

L'analogie avec les mots est à nouveau parlante. Des palindromes (rotor, radar) se lisent indifféremment dans l'un ou l'autre sens. De même, certains isomères, que l'on qualifie techniquement de méso, sont à eux-mêmes leur propre image. En effet, leurs molécules possèdent au moins un plan de symétrie. D'autres paires de mots –  comme roc, cor ou lac, cal – sont l'équivalent à une dimension de ce que sont des molécules d'énantiomères, dans l'espace à trois dimensions.

Mentionnons ici le benzène C6H6, car la chimie progressa, surtout au xxe siècle, au moyen de la notion apparemment paradoxale d'isomères inexistants. Tel est le cas de la molécule de 1,3,5-cyclohexatriène, pour lui donner sa dénomination selon la nomenclature officielle. Elle est isomère du benzène. La première de ces molécules, si on l'isolait, montrerait une alternance de longueurs de liaisons carbone-carbone, trois courtes et trois longues. Le benzène, quant à lui, a des liaisons  […]

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ALCANES

Écrit par :  Jacques METZGER

Dans le chapitre "Formule générale et isomérie"  : …  c'est alors un alcane ramifié présentant des nœuds iso ou néo. *Les alcanes en C1, C2, C3 sont uniques mais, dès que la condensation en carbone est supérieure à 3, plusieurs formules développées correspondent à la même formule brute et il existe alors des alcanes isomères. C'est… Lire la suite
ALCÈNES ou OLÉFINES

Écrit par :  Jacques METZGER

Dans le chapitre "Formule générale, structure et isomérie"  : …  carbone adjacents, hybrides sp2, tricoordinés et qui échangent entre eux deux liaisons.* Aux isoméries de structure qu'ils ont en commun avec les alcanes, les alcènes présentent deux autres modes d'isomérie : l'isomérie de position caractérisée par la place de la double liaison dans la chaîne et une stéréo-isomérie géométrique résultant… Lire la suite
AMIDES

Écrit par :  Jacques METZGER

Dans le chapitre "Propriétés physiques"  : …  la rotation de la liaison C−N devient libre et les deux méthyles sont équivalents (formule 9). Les* amides primaires et secondaires existent sous deux formes isomères en équilibre, l'espèce « imino-alcool » étant très peu abondante, sauf dans le cas des lactames (formule 10). Ce sont des molécules associées par liaison hydrogène, principalement à… Lire la suite
BENZÉNOÏDES

Écrit par :  Jacques METZGER

Dans le chapitre "Nomenclature. Isomérie"  : …  des sommets sont engagés dans la substitution, ces préfixes deviennent phénylène ou naphtylène. L'*isomérie de position des dérivés disubstitués du benzène se traduit, dans leur nomenclature, par les préfixes ortho- (-1,2), méta- (-1,3) ou para- (-1,4) ; dans le cas du naphtalène, les substitutions en positions -1, -4, -… Lire la suite
BERZELIUS JÖNS JACOB (1779-1848)

Écrit par :  Jacques GUILLERME

Dans le chapitre "La chimie organique"  : …   types. En revanche, Berzelius fut plus heureux dans l'exposition, en 1830, du concept d'*isomérie, qui associe identité de composition avec différence de propriétés. Liebig avait reconnu, en 1823, que deux sels d'argent, le fulminate et le cyanate, ont même composition. À cette époque, l'idée de constitution moléculaire n'avait… Lire la suite
COORDINATION (chimie) - Composés de coordination

Écrit par :  Jean AMIELJean-Pierre SCHARFF

Dans le chapitre "Isoméries"  : …  Certaines* isoméries ne font pas intervenir la stéréostructure des complexes : isomérie de coordination, par exemple pour isomérie de position qui est une isomérie de coordination à l'intérieur d'un ion complexe polynucléaire ; isomérie d'ionisation illustrée par [Co(NH3)5(SO4)]Br et [Co(NH… Lire la suite
CRÉSOL

Écrit par :  Bernard BACH

… *Mélange des trois isomères du méthylphénol (CH3—C6H4OH) en position ortho-, méta- et para-, qui sont tous d'odeur désagréable, mais moins toxiques que le phénol ordinaire. Les créosols sont des antiseptiques puissants. À partir du mélange des trois isomères (acide crésylique), on obtient par nitration les… Lire la suite
CYCLANES & CYCLÈNES

Écrit par :  Jean-Marie CONIA

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DIÈNES & POLYÈNES

Écrit par :  Jacques METZGER

Dans le chapitre "Structure"  : …   xy et xz des liaisons σ extérieures au bloc cumulé d'être perpendiculaires. Une *isomérie optique résulte de cette situation pour les allènes qui portent deux substituants différents sur les carbones 1 et 3. Postulée par J. H. Van 't Hoff en 1874, celle-ci a été confirmée expérimentalement en 1935 par le dédoublement du diphényl-… Lire la suite
DIPOLAIRES MOMENTS

Écrit par :  Jean BARRIOL

…  la conjugaison. Le rôle de cet effet peut être mis en évidence par la comparaison des moments des *isomères du chloronitrobenzène. Ce moment est la résultante des moments de liaison des deux substituants, connus à partir des dérivés monosubstitués (C6H5NO2, 3,93 D ; C6H5Cl, 1,58 D), qui s'… Lire la suite
DYNAMIQUE MOLÉCULAIRE

Écrit par :  Jean RIESS

Dans le chapitre "L'inversion du tétraèdre"  : …  du tétraèdre est souvent très rapide, trop rapide pour permettre la séparation des deux molécules *isomères, images l'une de l'autre dans un miroir, que l'on obtient lorsque les quatre substituants sont tous différents. C'est le cas par exemple des deux molécules montrées en (où M est un atome de zinc ou de cadmium), qui peuvent être assimilées à… Lire la suite
ÉTUDE DES SUCRES ET DES PEPTIDES

Écrit par :  Arnaud HAUDRECHY

  *Élève d'Adolf von Baeyer, l'Allemand Emil Hermann Fischer (1852-1919) soutient à Strasbourg une thèse en partie consacrée à l'étude d'hydrazines, ce qui l'amène à étudier ultérieurement les sucres (glucides), à Würzburg, en 1888. Après avoir montré la structure aldéhydique du glucose, il synthétise, en 1901, des… Lire la suite
MOLÉCULE

Écrit par :  André JULG

Dans le chapitre "La stabilité des molécules et les isomères"  : …  présente plusieurs minimums énergétiquement bien séparés, à chacun d'eux correspond une molécule. *Les diverses molécules ainsi définies possèdent la même formule brute et sont dites isomères. La série des sucres nous offre de très nombreux cas d'isomérie. Par exemple avec le glucose, le fructose ou le mannose qui répondent tous trois à… Lire la suite
ORGANIQUE CHIMIE

Écrit par :  Jacques METZGERCharles PRÉVOST

Dans le chapitre "Les théories de la chimie organique"  : …  toutes différentes de celles des minéralistes. Le point de départ est l'existence de l'*isomérie. Si à la formule très simple CH4O correspond un seul composé défini, le méthanol, déjà à la formule C2H6O correspondent deux composés, l'éthanol et l'oxyde de méthyle, de propriétés physiques et chimiques totalement… Lire la suite
SOUFRE

Écrit par :  Fernande CHATAGNERRené LECLERCQNoël LOZAC'HSerge MASSON

Dans le chapitre "Dérivés du soufre quadrivalent"  : …  physique intéressante des ions sulfonium, des sulfoxydes et des esters sulfiniques est leur stéréo-*isomérie optique dès lors que les trois groupes liés au soufre sont différents. Les liaisons du soufre du type sulfonium ne sont pas coplanaires, mais disposées selon les arêtes d'une pyramide à base triangulaire dont l'atome de soufre occupe le… Lire la suite
STÉRÉOCHIMIE

Écrit par :  Jacques GUILLERMECharles PRÉVOST

…  physico-chimiques caractéristiques de chaque espèce moléculaire distincte. Le concept d'*isomérie de Berzelius procura une première expression de telles conditions, puisqu'il s'attachait à des molécules différentes par leurs propriétés quoiqu'elles contiennent les mêmes éléments dans les mêmes proportions. La disparité entre espèces… Lire la suite
STÉRÉOCHIMIE - Stéréochimie organique

Écrit par :  Henri B. KAGANCharles PRÉVOST

Dans le chapitre "Diastéréo-isomérie"  : …  renferme plusieurs carbones asymétriques, on peut envisager, pour chacun d'eux, deux configurations différentes ; *il en résulte que, dans le cas général, à n carbones asymétriques correspondent 2n isomères auxquels on a donné le nom de « diastéréo-isomères ». Toutefois, des symétries d'ensemble peuvent réduire ce nombre… Lire la suite
STÉRÉOCHIMIE - Stéréochimie inorganique

Écrit par :  Jacques-Émile GUERCHAIS

Dans le chapitre "Isomérie"  : …  On appelle *isomères les molécules ou les ions qui ont la même formule brute mais des arrangements différents de leurs atomes. Cette définition restreinte peut être élargie. C'est ainsi qu'en chimie minérale, on désigne par isomérie électronique une isomérie qui ne concerne pas l'arrangement des atomes, mais une répartition différente des électrons… Lire la suite
STÉRÉOCHIMIE - Stéréochimie et liaison chimique

Écrit par :  André JULG

Dans le chapitre "Détermination théorique de la structure"  : …  potentiel correspondante. Si la surface présente plusieurs minimums, à chacun d'eux correspond un *isomère. La facilité de conversion d'un isomère à l'autre dépend de la différence entre les énergies des deux formes (naphtalène-azulène pour C10H8, par exemple) et de la hauteur de la barrière de potentiel qui sépare les deux… Lire la suite
TAUTOMÉRIE

Écrit par :  Bernard CARTON

… *Cas particulier de transposition intramoléculaire, résultant de réarrangements rapides et réversibles (isomérie dynamique). Plus précisément, on appelle ainsi la transformation d'un corps chimique en un isomère différent du premier par l'emplacement d'un atome et par la disposition des liaisons, cette transformation aboutissant à un équilibre. Il s… Lire la suite
VAN'T HOFF JACOBUS HENRICUS (1852-1911)

Écrit par :  Dina SURDIN

… *Chimiste hollandais, né à Rotterdam et mort à Berlin. Van't Hoff entre à l'institut polytechnique de Delft en 1869, puis il va, en 1871, à l'université de Leyde, où il décide de se consacrer à l'étude de la chimie. Il est, pendant l'année 1872-1873, l'élève de Kekulé à Bonn et, l'année suivante, l'élève de C. A. Wurtz à Paris, où il est le… Lire la suite

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