L'économie islandaise demeure en difficulté en 2009, à la suite de l'effondrement de son système bancaire l'année précédente. Le P.I.B. réel se contracte d'environ 8 à 10 p. 100, le chômage dépasse 10 p. 100 et la dette extérieure du pays s'alourdit fortement. L'Islande bénéficie néanmoins d'une ligne de crédit de 2,1 milliards de dollars ouverte par le F.M.I. et de prêts supplémentaires consentis par les autres pays nordiques ainsi que par la Pologne et les îles Féroé. En juillet, le gouvernement annonce un projet de recapitalisation des trois principales banques du pays – Landsbanki, Glitnir et Kaupthing –, dont l'État a pris le contrôle après leur faillite en octobre 2008. La situation de Landsbanki pose des problèmes particuliers, car les sommes qu'elle possède dans ses filiales au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, d'une valeur supérieure à 3 milliards de dollars, ne peuvent être retirées en raison de la faillite de l'institution. Ces deux pays décident d'indemniser les déposants à hauteur de la majeure partie de leurs pertes ; en retour, l'Islande accepte de prendre à son compte la dette de Landsbanki, soit 5,5 milliards de dollars, et de rembourser la somme au cours des sept à quinze prochaines années.
À la suite de la crise bancaire, la coalition de centre droit au pouvoir réunissant le Parti de l'indépendance et le Parti social-démocrate, sous la direction du Premier ministre Geir H. Haarde, fait l'objet de critiques sévères. Des manifestations sont organisées devant le Parlement, qui conduisent, le 26 janvier, à la démission du gouvernement. Le 1er février, les sociaux-démocrates forment une nouvelle alliance avec le Mouvement de gauche-Verts ; Johanna Sigurdardottir devient la première femme à diriger le gouvernement islandais. Des élections législatives se tiennent le 25 avril. Les deux formations au pouvoir remportent 34 des 63 sièges du Parlement, tandis que le Parti de l'indépendance n'en obtient que 16. Le nouveau gouvernement décide d'engager les négociations d'adhésion à l'Union européenne et dépose officiellement sa demande le 17 juillet.
Björn MATTHÍASSON
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