Confrérie religieuse marocaine fondée au xve siècle par Muḥammad ibn ‘Īsá, la ‘Īsawiyya s'apparente, dans une large mesure, à la confrérie appelée shāḍiliyya, mais elle s'en distingue par certaines pratiques particulières telles que le dhīkr, qui est une danse litanique se terminant par une sorte de convulsion où le sujet, en extase, devient insensible aux douleurs, dans un mouvement monotone et saccadé d'avant en arrière ; les adeptes se tiennent par les mains et forment un cercle autour d'un brasier ; ils sont souvent guidés par un initiateur qui récite des chants ou des poèmes mystiques.
Selon la légende, Dieu aurait gratifié Muḥammad ibn ‘Īsá et ses disciples d'une immunité complète contre les blessures et les maladies, ce qui leur confère le pouvoir d'expulser le mal. La confrérie est née de l'effort de Muḥammad ibn ‘Īsá en vue de rassembler les musulmans de Miknāsah et de Fās contre les incursions espagnoles et portugaises en Afrique du Nord, région dans laquelle la ‘Īsawiyya possède encore actuellement des zāwija presque partout, mais surtout au Maroc, dans l'Oranais (contrée de Remchī), et en Tunisie (Tunis, Sfax, Bizerte et Djerba).
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