À la lumière des réexamens qui ont marqué l'histoire de l'art, les femmes créatrices et leurs œuvres occupent désormais une place de tout premier plan, et l'on reconnaît que leur rôle et leur inventivité ont été beaucoup plus décisifs qu'on ne le pensait. Secrètes, la plupart du temps masquées par les hommes, célèbres ou non, avec lesquels elles ont partagé les risques de toutes les avant-gardes, des artistes comme Meret Oppenheim, Dorothea Tanning, Germaine Richier, Toyen, Bona et Manina, pour ne citer que quelques-unes d'entre elles, rejoignent une Sonia Delaunay ou une Vieira da Silva, qui ont été exceptionnellement reconnues assez tôt. Dans une telle perspective, on peut s'étonner qu'Isabelle Waldberg et son œuvre de sculpteur aient suscité si peu de commentaires de son vivant.
Née à Oberstammheim (Suisse) en 1911, elle s'appelait en réalité Margaretha Farmer. Épouse de l'écrivain Patrick Waldberg, qui fut le brillant chroniqueur et essayiste du surréalisme et de la vie intellectuelle et artistique d'avant et d'après guerre, elle avait commencé par fréquenter avec lui le groupe qui gravitait autour de Georges Bataille, au moment de la fondation de la société sec […]
