Noble anglais, étudiant à Chartres et à Paris (avec les porrétains, Abélard et les victorins), puis moine cistercien à Pontigny, Isaac fut élu abbé de l'Étoile, près de Poitiers, où il reçut Thomas Becket, exilé par Henri II. Il fonda finalement dans l'île de Ré une installation plus austère, où il mourut.
Il nous reste de lui cinquante-sept sermons (dont cinquante-quatre publiés dans la Patrologie latine de Migne) et deux lettres. L'une, à Alcher de Clairvaux, est un traité sur la nature de l'âme. Cicéronien, avant saint Bernard, et platonisant, il y expose notamment que l'homme est du côté de l'esprit et de la curiosité, tandis que la femme est chair et volupté. Ces équilibres rhétoriques, sans constituer une philosophie, sous-tendent des réflexions mystiques. Elles nous transmettent un antique folklore au moment où achève de briller la théologie monastique devant l'émergence de la scolastique. Sa seconde lettre, à Jean de Bellême, évêque de Poitiers, porte sur le canon de la messe, dont elle donne un magnifique commentaire mystique. Isaac est l'un des plus grands orateurs du xiie siècle et un penseur des plus originaux. Sermons et lettres ab […]
