3. La monnaie
C'est dans The Purchasing Power of Money (« Le Pouvoir d'achat de la monnaie ») paru en 1911 que Fisher établit sa célèbre formule de l'équation des échanges, issue de celle de Simon Newcomb mais amendée : M.V + M'.V' = P.T, à savoir que la masse monétaire fiduciaire M ou scripturale M' et leurs vitesses de circulation respectives V et V' conditionnent, pour un montant de transactions donné T, le niveau général des prix P. Dans cette formule, il existe un rapport stable entre M et M', des mécanismes économiques contribuant éventuellement à rétablir cet équilibre s'il en venait à être compromis, T est supposé ne pas dépendre de la monnaie mais seulement des conditions naturelles et technologiques ; en résulte dès lors une relation de cause à effet entre M et P. Fisher en déduit que, si l'on veut conserver stable le niveau général des prix afin d'éviter les conséquences fâcheuses de l'inflation ou de la dépression, il convient de contrôler soigneusement le niveau de la masse monétaire, ce qu'il recommande dans son ouvrage de 1921 La Stabilisation monétaire. Dans le prolongement de son analyse, Fisher élabore sa thèse du dollar compensé qui combine l'adhésion au gold exchange standard avec la variation du contenu en or de l'unité monétaire, l'objectif étant de maintenir une valeur constante du pouvoir d'achat de la monnaie. La théorie quantitative de Fisher a exercé une influence importante auprès des spécialistes de la politique monétaire et des économistes de l'école de Chicago (Milton Friedman notamment) mais ses recommandations du dollar compensé ont suscité davantage de réserves et d'hostilité.
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