5. Bazars, métropoles et banlieues
Depuis l'Antiquité, l'Iran a développé un réseau de villes, qui, à partir de la dynastie Seldjoukides (xie siècle), ont prospéré au centre de régions agricoles. Grâce au très prestigieux artisanat du tapis, les commerçants des bazars locaux ont connu une réelle aisance. La sécurité apportée par les Safavides a favorisé la constitution d'un remarquable réseau de caravansérails qui ont permis les échanges et la construction des grands bazars, des mosquées, des écoles religieuses (madrasa), hammams et fontaines qui structurent encore aujourd'hui l'espace central des villes. La fin du commerce caravanier, la centralisation des pouvoirs et l'économie pétrolière ont ensuite provoqué le déclin de nombreuses petites cités jadis prospères, notamment sur le pourtour des déserts (Nā’in, Natanz, Tabas, Khoy), au profit des capitales provinciales, des chefs-lieux de département (shahrestan) et des villes industrielles.
En 2006, 47 p. 100 des Iraniens vivaient dans soixante-quinze villes de plus de 100 000 habitants et 30 p. 100 dans treize mégapoles de plus de 500 000 habitants. Téhéran, capitale depuis la fin du xviiie siècle seulement, s'est vraiment développée à partir des années 1950, quand le pétrole est devenu une ressource contrôlée par le gouvernement central. Avec 12 millions d'habitants, soit 17 p. 100 de la population iranienne, la région urbaine de Téhéran s'est développée à un rythme plus modéré que celui des autres grandes villes du pays, mais elle monopolise l'essentiel de l'activité de haut niveau, avec 50 p. 100 des grandes entreprises, 35 p. 100 du P.I.B., 34 p. 100 des fonctionnaires et 40 p. 100 des étudiants. Téhéran n'est cependant pas une ville cosmopolite : elle n'accueille que quelques milliers d'étrangers et ne dispose ni d'un centre d'affaires, ni de structures d'accueil culturelles ou économiques nécessaires à la capitale moderne d'un grand pays. La plupart des tours résidentielles ou de bureau édifiées depuis 1990 sont en partie inoccupées. En […]
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