3. Le cinéma étouffé (1977-1988)
Lorsque commence en 1977 la contestation islamique, les manifestants s'en prennent aux salles de cinéma, accusées de propager les valeurs d'un Occident corrompu. La plupart sont incendiées. Les autres ferment, par crainte des représailles. Aussitôt arrivé au pouvoir, le gouvernement de la révolution islamique renouvelle ses attaques. La production se réduit à vingt films en 1978 puis à quatre en 1979. Seuls subsistent les documentaires comme Recherches (1980) d'Amir Naderi qui accompagne les parents des victimes du « vendredi noir » (le 8 septembre 1970, la police du shah tirait sur la foule, provoquant des milliers de morts), à la recherche des lieux où les cadavres on été enfouis. En 1983, est créée une structure officielle, la fondation Farabi, qui regroupe tous les secteurs de l'industrie, dont le cinéma qui doit s'aligner sur un mot d'ordre : faire des films contre la culture occidentale, et respecter la loi religieuse, ce qui exclut les femmes des rôles principaux. L'issue du conflit Iran-Irak en 1988 est synonyme de reprise économique. La production reprend son cours normal. Elle passe à 60 films par an, puis se stabilise autour de 100, volume atteint en 1994.
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