2. Les premiers signes d'un renouveau (1969-1977)
Dariush Mehrjui, avec La Vache (1969), bloqué deux ans par la censure, ouvre une première brèche. Son film associe le regard documentaire et la fable, passant du particulier (la réalité de la misère des paysans), au général, qui débouche sur une critique du régime. Behram Beyzaï, dans la lignée de Mehrjui, dénonce à son tour les injustices sociales dans Voyage (1972). Deux ans plus tard, Dariush Mehrjui réalise Le Cycle, où le trafic de sang dont sont victimes les pauvres devient une métaphore de l'exploitation sauvage et de la corruption qui règnent dans le pays. Produit pour la télévision par le frère du shah, le film est interdit pendant trois ans et sort au moment où le pouvoir chancelle.
L'autre signe de renouveau vient de la cellule cinéma créée en 1969 au sein de l'Institut pour le développement intellectuel des enfants et jeunes adultes (I.D.I.E.J.A.), fondé en 1965. Abbas Kiarostami, à l'origine de sa création, y tourne en 1970 son premier court-métrage, Le Pain et la rue, puis Le Passager (1974), où l'on voit un enfant prêt, pour assouvir ses désirs (assister à un match de football à Téhéran) à voler ses parents et à escroquer ses camarades. Kiarostami montre comment la quête se substitue au but recherché – c'est là le principe moteur de ses films ultérieurs –, et devient un apprentissage douloureux de la réalité du monde. Amir Naderi a également débuté grâce à l'I.D.I.E.J.A. Il réalise notamment Harmonica (1973), allégorie du pouvoir symbolisé par l'harmonica d'un enfant, dont tous les enfants d'un village de pêcheurs ont envie de jouer. Très vite l'I.D.I.E.J.A. devient un pôle de création en marge du cinéma commercial, et davantage protégé de la censure.
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