En 2010, le régime iranien connaît des incertitudes sur son avenir en raison de dissensions entre islamiques radicaux et réformistes sur les dossiers de la privatisation des entreprises d'État, de la modification de la loi électorale et de la liberté de la presse. Les répercussions des émeutes de juin 2009 ainsi que la grande manifestation de soutien au pouvoir organisée en février à l'occasion du trente et unième anniversaire de la révolution islamique permettent au gouvernement de continuer à s'assurer l'adhésion populaire.
L'intensification des tensions entre les chefs religieux, d'une part, et les Gardiens de la révolution et les alliés du président Mahmoud Ahmadinejad, d'autre part, concernant la question de la réduction du rôle des clercs sur le contrôle du gouvernement font apparaître la menace d'un changement. Les hauts représentants des oulémas sont divisés sur la légitimité de leur implication dans les affaires administratives de l'État. Le recul de l'influence des autorités spirituelles est aggravé par la préférence que le président accorde aux candidats laïques dans l'attribution des postes officiels.
Le chef de l'État se montre moins actif en politique intérieure après les vives critiques formulées par le Parlement concernant sa mauvaise gestion économique. En février, le maire de Téhéran lui attribue clairement la responsabilité de la stagnation de l'activité dont souffre le pays. Au cours du même mois, le porte-parole du Parlement lui reproche d'être en grande partie responsable des pénuries de carburant et de la hausse des coûts d'importation.
L'Iran demeure sous la botte des services de sécurité, qui frappent un grand coup avec l'arrestation d'Abdolmalek Righi, chef du mouvement Jundallah (« soldats d'Allah »), accusé d'attentats meurtriers dans le sud-est du pays où il soutenait les communautés sunnites du Béloutchistan et du Sistan. Les services de sécurité reçoivent la mission d'étouffer tout débat politique pacifique. Les journaux sont soumis à une surveillance é […]
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