2. Huit années de guerre
En septembre 1980, le président Saddam Hussein estime que l'Irak a une mission urgente à remplir : affirmer la puissance arabe, voire la prépondérance arabe, dans le Golfe. Sans doute, cette idée flatte-t-elle sa volonté de puissance ; elle n'en correspond pas moins, pour l'arabisme, à une nécessité réelle et pressante, même si elle n'est pas alors clairement exprimée, à laquelle seul l'Irak semble en mesure de pourvoir. En lançant d'emblée, le 22 septembre 1980, une offensive massive, le chef de l'État irakien entend répondre aux dernières actions iraniennes, qu'il considère comme des provocations. Sans doute espère-t-il, de la sorte, assurer rapidement à l'Irak les avantages territoriaux et privilèges maritimes auxquels il a dû renoncer cinq ans plus tôt à Alger. Mais, abusé aussi par les opposants iraniens de l'extérieur, sous-estime-t-il les capacités de résistance de son adversaire. Il pense que l'appareil militaire iranien a été gravement désorganisé et ses cadres démoralisés par les épurations républicaines. Il ne fait pas suffisamment entrer en ligne de compte l'enthousiasme révolutionnaire, l'attachement passionné des chiites à l'islam, le sentiment patriotique iranien, la dévotion absolue et l'esprit de sacrifice inspirés par le charisme de l'ayatollah Khomeyni.
• Les offensives
Dans leur élan initial (sept.-nov. 1980), les troupes irakiennes, qui se sont déjà assuré de quelques positions frontalières (9-10 sept.) au centre, prennent des gages territoriaux (22-29 sept.) au nord, au centre encore (Kasr el-Chirine et Mehran) et dans le Sud (autour de Khorramchahr et d'Abadan). Le 28 septembre, une première résolution des Nations unies demande l'arrêt des combats. L'offensive irakienne s'arrête dans la première semaine d'octobre : la ville d'Abadan est investie, Khorramchahr tombe le 24 octobre mais Susangerd, prise puis abandonnée, et Ahwaz résistent. À la fin de novembre 1980, les Irakiens ont atteint l'essentiel des objectifs militaires fixés par le pouvoir politique, lequel, en partie influencé par les Arabes du Golfe, décide de n […]
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