3. Découverte
Né à Dijon, Bernard Courtois (1777-1838) était le fils d'un fabricant de salpêtre, c'est-à-dire de nitrate de potassium, précieux ingrédient de la poudre noire. Il exerça lui-même cette industrie à partir de 1804. Le carbonate de sodium intervenait dans sa production. Courtois l'obtenait à partir des varechs, par calcination et lessivage à l'eau. Le résidu était alors traité par de l'acide sulfurique. Ce faisant, un jour de 1811, où Courtois avait forcé sur la dose d'acide sulfurique, il fut intrigué par des vapeurs violettes qui se dégageaient de cette préparation. Il les condensa sous forme d'une poudre noire sur une paroi froide et recueillit ces cristaux. Il avait ainsi découvert l'iode, mais n'avait pas les moyens financiers de poursuivre son étude. Courtois offrit dès lors des échantillons d'iode à ses confrères André-Marie Ampère (1775-1836), Charles-Bernard Desormes (1777-1862), Nicolas Clément (1779-1841) et Joseph-Louis Gay-Lussac (1778-1850), afin de s'assurer que les recherches continueraient. Le 29 novembre 1813, Clément et Desormes rendirent publique à une séance de l'Institut la découverte de Courtois. Le 6 décembre, Gay-Lussac annonçait que la nouvelle substance était soit un composé oxygéné, soit un nouvel élément. Ampère avait fait profiter d'un échantillon le grand chimiste anglais Humphry Davy (1778-1829). Davy, après une expérimentation rapide, nota les ressemblances des propriétés chimiques avec celles du chlore. Il adressait le 10 décembre une lettre à la Royal Society de Londres, où il affirmait avoir identifié un nouvel élément. Cela déclencha une querelle de priorité entre Davy et Gay-Lussac. Mais ces deux chimistes s'accordèrent pour reconnaître à Courtois le mérite d'avoir isolé le nouvel élément.
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