Depuis le milieu des années 1980, on assiste à une « institutionnalisation » croissante de l'épargne des ménages. Cette dernière est, en effet, dans une proportion de plus en plus grande, collectée et gérée par des investisseurs institutionnels, c'est-à-dire des intermédiaires financiers non bancaires : O.P.C.V.M. (organismes de placement collectif en valeurs mobilières, regroupant les sociétés d'investissement à capital variable [sicav] et les fonds communs de placements [F.C.P.]), sociétés d'assurance, fonds de pension.
Par le volume d'épargne gérée, ces agents représentent aujourd'hui des acteurs prépondérants sur les marchés internationaux de capitaux. L'épargne confiée aux investisseurs institutionnels a poursuivi son essor tout au long des années 1990-2000. Son encours a pratiquement triplé depuis le milieu des années 1990, pour atteindre, à la fin de 2006, environ 62 000 milliards de dollars. Parmi les pays industriels, c'est aux États-Unis, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas que ces organismes de gestion d'épargne collective sont les plus représentés. Le volume d'épargne géré cette même année y atteignait pour chacun plus de 200 p. 100 du P.I.B. Aux États-Unis comme au Royaume-Uni, l'importance des fonds de pension s'explique assez naturellement par l'existence d'un régime de retraite fondé principalement sur la capitalisation. Toutefois, le poids des O.P.C.V.M. dépasse aux États-Unis celui des fonds de pension et celui des assurances. Au Royaume-Uni, le marché de l'intermédiation financière est dominé par les assurances dont le poids dépasse celui des fonds de pension, lui-même beaucoup plus important que celui des O.P.C.V.M.
Les investisseurs institutionnels, souvent appelés les « zinzins », ont ainsi renforcé leur rôle, d'une part, sur les marchés financiers internationaux, et d'autre part, dans le gouvernement d'entreprise.
La déréglementation financière, l'évolution favorable de la fiscalité de l'épargne ainsi que l'incertitude pesant sur le financement futur des systèmes de retraite dans les pa […]
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