2. Fondements et incidences
Toute invasion suppose qu'une population abandonne son biotope ancestral pour un autre, même si la propension générale des espèces est de demeurer sans changement – l'évolution est conservatrice. Mais la chaîne alimentaire représente un système dont l'équilibre fluctue au gré des modifications du statut de ses composants, c'est-à-dire les espèces. Une espèce est ainsi tributaire de ses relations avec les mondes abiotique (climat, caractéristiques physiques de l'écosystème) et biotique (ennemis, compétiteurs, ressources) qui l'entourent. Elle dépend aussi de sa propre dynamique de population (laquelle est liée aux facteurs précédents). Que survienne une pression significative au niveau de ces relations, et l'espèce pourra choisir de migrer pour y échapper. Et, bien sûr, il faut aussi, et surtout, compter avec l'opportunité offerte par l'artificialisation de la migration, celle qui est due aux activités humaines (cf. encadré La part de l'homme).
• Une nouvelle niche écologique
Le processus de l'invasion peut être divisé en trois étapes : la migration, l'installation et l'intégration. La première suppose une capacité de dispersion, passive chez les plantes et généralement active chez les animaux (déplacement). La deuxième consiste, pour l'espèce envahissante, à se reproduire, avec ou sans apports supplémentaires de population à la faveur d'autres vagues d'invasion. La troisième se traduit, quant à elle, par l'établissement d'interactions entre les espèces invasives et autochtones, avec d'éventuelles modifications de caractères chez les unes comme chez les autres. De ces trois phases, l'installation est la plus décisive car elle met en jeu la capacité des populations natives à résister à l'invasion.
L'implantation des espèces invasives est subordonnée à l'acquisition d'une nouvelle niche écologique qui définit le rôle et la place d'un organisme au sein d'un écosystème. Les relations d'un organisme avec son environnement sont concrétisées par l'occupa […]
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