Appelée tabaco aux Antilles et en Amérique, petun au Brésil, l'herbe rapportée de ce dernier pays en 1556 par un moine cordelier, André Thivet, serait restée un simple objet de curiosité si Jean Nicot, lors de son ambassade au Portugal, n'en avait fait parvenir des grains, en 1561, à Catherine de Médicis, qui s'en servit pour soigner ses migraines. Tabac en poudre, l'« herbe de la Reine » ou « médicée » fut immédiatement adoptée par la cour, et l'« herbe à Nicot » ou « Nicotiane » par la ville. À mâcher, à priser ou à fumer, le tabac était appelé à fournir d'importants revenus aux gouvernements de nombreux pays. En France, il fut, dès 1624, frappé d'un droit d'entrée. En 1674, l'État se réservait le monopole de la fabrication et de la vente du tabac, en l'affermant. Si la Constituante en rendit libre l'exploitation par la loi du 27 mars 1791, les décrets des 29 décembre 1810 et 12 janvier 1811 rétablirent le monopole. En 1865, le service des tabacs relevait de la Direction générale des manufactures de l'État qui devait être aussi investie, en 1890, de la gestion du monopole des allumettes. La mise en place du Service d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes (S.E.I.T.A.) date de 1926.
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Jean Nicot Jean Nicot, l'ambassadeur de François II au Portugal, qui introduisit en France l'usage du tabac, fut aussi un grand érudit et l'auteur d'un des premiers dictionnaires de la langue française, qui parut en 1606.
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Bernard VALADE
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