3. Intersexualité provoquée par la température
Les premières expériences ayant montré qu'une température différente de la température normale d'élevage provoquait chez les Amphibiens anoures l'inversion du phénotype sexuel sont dues à E. Witchi (1914, 1929). Cependant, aucune preuve génétique de cette inversion n'avait été apportée avant les travaux de C. Houillon et C. Dournon (1978) sur un Amphibien urodèle : Pleurodeles waltlii Michah. Ces auteurs ont pu montrer que les larves femelles de cette espèce, élevées à 30 0C, étaient transformées, soit en intersexués, soit en mâles phénotypiques. Le croisement de ces néo-mâles ZW avec des femelles standard ZW a fourni une descendance conforme aux prévisions théoriques, à savoir 1/4 de mâles phénotypiques (ZZ) et 3/4 de femelles phénotypiques (ZW, ZW, WW) apportant ainsi la preuve irréfutable de l'inversion complète du phénotype sexuel sous l'influence de la température.
La possibilité d'inversion du phénotype sexuel sous l'influence de la température a également été démontrée chez de nombreux Reptiles. Les travaux dans ce domaine ont porté sur des aspects génétiques, évolutifs et écologiques. Jusqu'à présent, seules les recherches de C. Pieau effectuées chez les Tortues, depuis 1971, visent à élucider le mécanisme d'action de la température au niveau de la synthèse des stéroïdes sexuels.
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