4. Le moi au service de la pulsion de mort
Les questions que soulève d'un point de vue analytique l'analyse de Schreber se détermineront avec la seconde topique. Pour pouvoir développer les suggestions qu'elles apportent dans la construction du concept d'intérêt, il nous faut comprendre, en effet, comment s'opère la mutation des investissements sexuels en ces investissements entés sur la culture collective qui « représentent » – au sens fort du terme – la face subjective de la sublimation. La solution freudienne, dans le contexte de la seconde topique, consiste à situer le moi en une position de pivot entre les investissements libidinaux, qu'il désexualise, et la pulsion de mort, au service de laquelle il opère.
En un premier temps de la construction intervient un déplacement d'investissement, sous l'égide de l'identification : constitution de la libido du moi. « Le moi se substitue au ça dans ses fixations aux objets, aussi bien dans les fixations précoces que dans celles des phases plus évoluées de la vie. Il le fait en s'appropriant leur libido et en l'intégrant à la modification qu'il a subie par suite de l'identification. » En un second temps s'annonce le rôle des pulsions de mort : « À cette transformation de la libido du ça en libido du moi se rattache naturellement un renoncement aux buts sexuels, une désexualisation [...]. En s'appropriant ainsi la libido attachée aux objets vers lesquels le ça est poussé par ses tendances érotiques, en se posant comme le seul objet d'attachement amoureux, en désexualisant ou en sublimant la libido du ça, le moi travaille à l'encontre des intentions d'Éros, se met au service de stimulations pulsionnelles opposées. » Encore conviendra-t-il de souligner un autre aspect de cette désexualisation : « Le surmoi, on le sait, est né à la faveur d'une identification avec le prototype paternel. Toute identification de ce genre suppose une désexualisation, voire une sublimation. Or il semble qu'une pareille transformation doive être accomp […]
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