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INTÉGRATION ET MESURE

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3.  La théorie de Lebesgue

  L'additivité dénombrable

On s'est efforcé, dans ce qui précède, de mettre en lumière les idées implicites essentielles de la théorie classique de la mesure et de l'intégration telle qu'elle s'est développée non sans difficultés des Grecs à Riemann, et qui constitue ce que l'on peut appeler la théorie élémentaire de la mesure.

Mais, historiquement, cette prise de conscience de ce qui intervenait fondamentalement dans la théorie classique s'est produite en même temps, sinon plus tard que l'introduction d'une nouvelle idée extrêmement féconde, due à É. Borel, et qui est celle de l'additivité dénombrable.

Reprenons un triplet (X, Bp), et supposons que le clan B contient non seulement les réunions finies de ses éléments, mais aussi les réunions dénombrables, c'est-à-dire supposons que la réunion de toute famille dénombrable d'éléments de B soit un élément de B. On dit alors que B est une tribu, ou encore un σ-anneau (de Boole).

Supposons que μ soit non seulement additive, mais vérifie la condition suivante : Pour toute famille dénombrable (Ai), ∈ N d'éléments de B deux à deux disjoints, on a :

on dit alors que μ est dénombrablement additive (ou σ-additive). C'est cette situation qui a été envisagée par Borel et qui est toujours, sauf précision limitative, désignée par le terme espace mesuré.

Un premier problème est celui de l'existence de tels triplets. Il est évident qu'il existe des tribus : pour tout ensemble X, l'ensemble P(X) de ses parties est une tribu. De plus, l'intersection de toute famille de tribus étant une tribu, il existe, pour toute partie C de P(X), une plus petite tribu qui la contient ; on appelle cette dernière la tribu engendrée par

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