2. Croissance et développement de 1962 à la fin des années 1980
La nomination de Jean Bourgeois Pichat comme directeur en 1962 marque le début d'une nouvelle étape dans l'histoire de l'institut. La croissance des effectifs est rapide. Une vingtaine de nouveaux chercheurs (polytechniciens, diplômés de l'Institut de démographie de l'université de Paris, créé en 1957 pour former des experts démographes, diplômés de sciences économiques) entrent ainsi en quelques années à l'I.N.E.D. et assurent un certain renouvellement des générations et des problématiques. L'institut développe de nouvelles activités, étend le champ de ses compétences en réponse aux demandes des pouvoirs publics et des autorités de tutelle et se préoccupe de mettre en forme l'analyse démographique. Roland Pressat publie en 1961 un premier manuel d'analyse démographique qui connaît aussitôt un grand succès.
Au milieu des années 1960, l'I.N.E.D. intervint à la demande du ministère de la Santé publique dans le débat sur le contrôle des naissances. En 1966, l'I.N.E.D. remettait au ministre un rapport sur la régulation des naissances qui, publié dans Population, concluait en ces termes : « ...Il faut prendre garde [...] de ne pas donner au public l'impression que les mesures en faveur de la contraception soient inspirées en quelque façon par un souci de réduire la natalité et à plus forte raison le nombre des naissances. » En 1967, la loi Neuwirth sur la régulation des naissances confiait à l'I.N.E.D. une nouvelle mission : la préparation d'un rapport annuel sur la situation démographique de la France. Le premier de ces rapports devait être présenté au Parlement en 1969.
Ainsi était à nouveau posée la question de l'information démographique du public. En 1965, un rapport du Haut Comité consultatif de la famille et de la population intitulé L'Information démographique de l'opinion sur les problèmes démographiques avait proposé la création d'un « Centre d'information sur les problèmes de la population » au sein de l'I.N.E.D […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



