2. L'avènement de l'hérédité biologique
Après 1809, par la même analogie, on a commencé à concevoir la génération comme une transmission des caractères des parents aux enfants ; ce qui en a fait une prolongation de l'individu dans sa descendance au lieu d'une conservation de l'espèce (ce qui s'accordait avec l'évolutionnisme naissant, où les contours de l'espèce s'estompaient).
Les maladies déjà qualifiées d'héréditaires ont alors servi de modèles à la notion de caractère héréditaire. D'abord, elles ont été des « marqueurs ». En effet, si les enfants ressemblent à leurs parents, cette ressemblance est toujours vague et se dilue au fil des générations. Même les caractères les mieux définis, comme la couleur des yeux, sont trop incertains et variables (parfois dans le même individu), et ils sont trop répandus dans la population pour caractériser une lignée particulière à travers les multiples croisements (dans une conception naïve, un individu peut avoir hérité ses yeux noirs de n'importe lequel de ses ancêtres ayant eu les yeux noirs ; en revanche, son hémophilie proviendra à coup sûr de celui de ses ancêtres qui était hémophile). D'un point de vue pratique, seules les maladies pouvaient jouer le rôle de marqueurs d'hérédité, c'est pourquoi elles furent le prototype des caractères héréditaires.
Par ailleurs, au début du xixe siècle, la transmission des maladies des parents aux enfants était expliquée dans le cadre hippocratique voulant que toute affection ait une double causalité : la complexion du malade et un facteur externe, soit une cause prédisposante et une cause accidentelle, d'importances respectives variables. Cette double causalité a été transposée aux caractères non pathologiques : tout caractère a ainsi été supposé résulter de la conjonction d'une cause interne (génétique) et d'une cause externe (au moins l'alimentation).
Cependant, une maladie n'est pas un caractère biologique, c'est l'altération d'un (ou plusieurs) caractère(s). Par conséquent, l'hérédité d'un […]
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