L'évolution du concept d'inhibition nerveuse est assez remarquable ; presque dès l'origine, il fut appliqué à l'interprétation de phénomènes de complexités très différentes, relevant d'échelles d'appréhension du fonctionnement nerveux les plus diverses, du niveau le plus synthétique au plus analytique, de la psychologie à la neurologie clinique et expérimentale, de l'exploration neurologique traditionnelle jusqu'aux études, conceptuellement et techniquement diversifiées, de l'actuelle neurobiologie.
1. Neurosciences
• Naissance d'un concept
Au début du xixe siècle, les physiologistes ne voyaient l'action nerveuse qu'en termes d'excitation. C'est alors qu'un certain nombre d'observations nouvelles vinrent suggérer, puis démontrer, l'existence d'actions en sens opposé. Les plus précises furent initialement réalisées dans le domaine des effets périphériques. Ainsi Volkman (1838) et surtout les frères Weber (1845) notèrent-ils l'arrêt du cœur par stimulation du vague, et Pflüger, celui du péristaltisme intestinal par celle du nerf splanchnique, tandis que Claude Bernard signalait que la stimulation de certains nerfs périphériques pouvait susciter un relâchement du tonus vasculaire.
Une étape encore bien plus décisive devait être franchie lorsque fut découverte l'inhibition dans le système nerveux central. En 1862, Rosenthal observa l'arrêt de la respiration sous l'effet d'une stimulation de la voie afférente vagale. Et ce fut Setchenov qui, la même année, découvrit, au cours d'un stage au laboratoire de Claude Bernard, l'inhibition des réflexes spinaux de flexion de la grenouille par stimulation chimique des lobes optiques du mésencéphale.
Un autre précurseur remarquable, mais moins connu, fut Anstie. Son ouvrage (Stimulants and Narcotics) suscita un intérêt certain, par l'évocation d'une « paralysie particulière du cerveau » sous l'effet de certaines substances (alcool ou haschisch). La notion d'inhibition gagna alors la neurologie}} clinique : Mercier et surtout Hughling Jackson décelè […]
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