Un sacré coup de publicité. Si Ingrid Betancourt n'avait pas vécu l'enfer et enduré mille souffrances durant six ans, quatre mois et neuf jours dans la jungle colombienne, ainsi pourrait-on presque qualifier son enlèvement par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (F.A.R.C.), le 23 février 2002. À cette date, la Franco-Colombienne est plus connue dans sa patrie d'adoption où elle a grandi et fait ses études que dans son pays d'origine, où elle est pourtant candidate à l'élection présidentielle. Mais elle ne décolle pas dans les sondages, et ne semble pas en mesure d'inquiéter le futur vainqueur, Álvaro Uribe. C'est ce dernier qui ordonnera l'opération militaire spectaculaire permettant la libération d'Ingrid Betancourt en compagnie de quatorze autres otages, le 2 juillet 2008.
Celle qui était alors sénatrice de Colombie n'est pourtant pas avare d'éclats médiatiques, ce qui n'enlève rien au courage de cette épouse d'un diplomate français, mère de deux enfants, qui un jour décide de partir en guerre contre la corruption qui ravage son pays. Après des études à l'I.E.P. de Paris, ville où elle passa une partie de son enfance et de sa jeunesse et où son père – ancien ministre colombien de l'Éducation – est ambassadeur à l'U.N.E.S.C.O., Ingrid Betancourt se trouve confrontée à la violence qui sévit dans sa patrie. Sa mère travaille auprès d'un candidat à la présidence, Luis Carlos Galán, qui prône l'extradition des narcotrafiquants et sera assassiné en août 1989. C'est alors que cette jeune femme de vingt-neuf ans (elle est née le jour de Noël 1961), récemment divorcée, décide de rentrer à Bogotá, la ville où elle est née, pour y mener le combat de sa vie.
Elle occupe un poste au ministère des Finances, puis se présente aux élections législatives de 1994. Elle mène campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, et elle est élue. Elle poursuit son combat au Parlement, ainsi qu'à la télévision où elle se montre très à l'aise, dénonçant les dirigeants compro […]
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