6. Les caméras pour l'infrarouge
Les caméras pour l'infrarouge ont un but qui paraissait encore sensationnel il y a vingt ans : voir dans l'obscurité, grâce aux radiations infrarouges, que les corps à température ordinaire ne manquent pas d'émettre d'après la loi de Planck, mais que l'œil ne peut voir. On dit que la détection est passive ; en effet, il n'est pas besoin d'éclairer l'objet pour le voir, comme le Soleil éclaire la Terre, nous permettant ainsi de distinguer les radiations diffusées ou réfléchies sélectivement par les objets. L'intérêt militaire des caméras pour l'infrarouge est ainsi évident : elles permettent d'observer l'ennemi en pleine nuit sans lui envoyer de radiations, faciles à détecter et qui trahissent l'observateur.
Il s'agissait alors de science-fiction et c'est à la suite de longs efforts que ce but semble désormais atteint. Ces caméras sont déjà suffisamment répandues pour que ceux qui n'ont pas vécu ce lent cheminement ne montrent souvent plus aucun étonnement à voir des images de télévision thermique avec une résolution temporelle et spatiale à peine inférieure à celle de la télévision dans le visible.
• Procédés antérieurs
Cependant, en 1960, des caméras pour l'infrarouge existaient déjà. Il y avait l'évaporographie qui datait de plus de cinquante ans. C'est Czerny, en particulier, qui a montré qu'un film d'huile supporté par une membrane noire s'évapore plus ou moins lorsqu'on y projette une image infrarouge (évaporographie). Il en résulte des figures d'interférence qui traduisent l'image thermique. Les résolutions spatiale et temporelle sont médiocres. Plus tard, les performances ont été améliorées en utilisant l'effet Marangoni ; il s'agit du Panicon Gretag qui utilise aussi un film d'huile, cependant la variation d'épaisseur due encore à l'échauffement local ne provient pas de l'évaporation, mais de la diminution de la tension superficielle. La sensibilité a été encore augmentée par Loulergue et Lévy qui emploient une double couche liquide. […]
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